Comme Canadiens, tous peuvent s'interroger de la pertinence, du gouvernement fédéral de participer aux forums internationaux si ce n'est que pour ridiculiser les systèmes de droits de l'homme en place. Voilà, un enquêteur spécial de l'ONU, d'origine autochtone, reconnu par tous pour ses compétences professionnelles, qui a l'estime de plusieurs États et groupes autochtones et qui jette un regard critique sur la façon dont le gouvernement fédéral gère la crise à Attawapiskat. Pour citer André Pratte, de la Presse, " M. Anaya n'est pas le premier venu. Diplômé de Harvard, il est une autorité en matière de droit autochtone. Le contexte canadien ne lui est pas inconnu puisqu'il a enseigné à l'Université de Toronto. "
Finalement, lorsqu'on y songe, il ne reprend que ce que l'Assemblée des Premières Nations affirment depuis plusieurs années, ce que la Vérificatrice générale du Canada indique dans ses rapports, année après années, et ce que même l'ONU à déjà souligné dans des conclusions précédentes: le système de financement des réserves indiennes en matière de services essentiels est bien en-deça de ce que les autres citoyens canadiens reçoivent. Il y a vraiment une discrimination systémique en violation aux engagements pris par le Canada dans les Pactes internationaux relatives aux droits de l'homme.
Faut-il alors s'étonner de la réponse du gouvernement Harper ? Absolument pas, la perception quant à un manque de crédibilité ne vient pas de James Anaya, enquêteur de l'ONU, mais bien de ce gouvernement qui a décidé de faire fi de toutes ces observations de l'ONU qui, si elle avaient été suivies par ce gouvernement, aurait été un bon pas dans la bonne direction pour redresser la situation dans les communautés autochtones et également aurait apporté un sentiment de justice quant au traitement réservé aux premiers peuples de ce pays.
Bravo Monsieur le Premier ministre ! et laissons-la Croix-Rouge faire son oeuvre sur cette réserve indienne !
Quant au reste, je ne peux que partager l'opinion du Chef Ghislain Picard de l'APNQL : " Il y a presque 20 ans maintenant, le monde entier était horrifié par ces reportages montrant des jeunes adolescents de Natuashish (Davis Inlet) inhalant des vapeurs d'essence et clamant leur désir d'en finir avec la vie. Cette fois-ci, les horreurs semblent avoir fait place à une indifférence généralisée, reflétant une ignorance collective qui, disons-le, frise parfois le racisme. " et pourquoi pas souligner, ce qui a déjà été souligné en 2007 par l'APNQL quant à l'échec total de la politique fédérale sur le logement dans les réserves indiennes.